dimanche 23 décembre 2007

Part 2:

Il était au beau milieu de nulle part. Il a essayé de se localiser, mais ce paysage ne lui rappelait rien : une terre aride très vaste touchait le ciel à l’horizon. Il regardait vers toutes les directions rien que pour chercher un indice. En vain. Enfin, il a aperçut une route. Faute d’alternative, il s’est dirigé vers elle. En arrivant, il a constaté que cette route n’avait ni tête ni queue. Il ne savait pas quel sens prendre, mais il s’est rendu compte que ça n’avait aucune importance vu qu’il ne savait pas où ça l’emmènerait. Il a pris un sens au hasard et puis il a avancé. Il avait l’impression d’être un fantôme errant. Il croyait même qu’il flottait dans les airs. Il ne se sentait pas contrôler ses jambes.
Cette route était bizarre. Elle allait tout droit et elle n’avait pas l’air d’avoir une fin. En marchant, tant de questions lui traversaient l’esprit mais elles restaient sans réponses. La route prenait de plus en plus l’allure d’une pente. Il avançait toujours. A l’horizon, un village prenait forme. Il s’est mis à courir croyant qu’il allait, enfin, trouver des réponses dans ce village.
Des voies d’enfants lui parvenaient aux oreilles. Des cris, des rires, des mots qu’il n’arrivait pas à comprendre. Des voies d’enfants qui étaient entrain de jouer. Il s’est dirigé vers une foule d’enfants. Il leurs a demandé où est ce qu’étaient leurs parents. Personne n’avait répondu. C’était comme s’ils ne parvenaient pas à le voir. Il a hurlé pour se faire entendre dans ce brouhaha. Rien, aucune réaction. Les enfants continuaient leurs jeux sans se soucier de ce nouveau venu. Il est resté sur place pour les regarder. Ils avaient l’air paisible dans leurs jeux. C’était comme s’ils n’avaient personne qui les contrôlait, personne qui les rappelait qu’il était tard, qu’il fallait rentrer. Ils se dépensaient pour le jeu, et uniquement pour le jeu. Ils avaient l’air heureux.
Il est resté là un moment puis il s’est décidé d’aller inspecter les maisons qui l’entouraient. Il espérait trouver quelqu’un à qui il pourrait soustraire quelques réponses. Il s’est aperçut que toutes les maisons avaient les portes et les fenêtres ouvertes, ou plutôt, pas de portes ni de fenêtres. Comment pouvaient-ils vivre ici ? Il a inspecté quelques maisons mais elles étaient toutes vides. C’était étrange : pas d’adultes. Il a couru dans toutes les directions recherchant une seule personne qui pouvait l’entendre. Il a crié, hurlé, appelé à l’aide, mais personne n’a répondu. Le vacarme des enfants devenait assourdissant pour lui. Sa tête commençait à lui faire mal. Il a essayé de se boucher les oreilles mais ces voies arrivaient encore à lui transpercer les idées. Il ne pouvait plus se concentrer, il a commencé à suffoquer. Soudain, il a aperçut un enfant tout seul. Un petit garçon se tenait là devant lui. Son visage lui paraissait familier mais il n’arrivait pas à le reconnaître. Il s’est dirigé vers le petit. Le garçon le regardait droit dans les yeux comme s’il était entrain de surveiller ses gestes. Il se demandait pourquoi un petit garçon se tenait ici alors que les autres jouaient. Il a décidé de lui poser la question. Le garçon restait muet. Il l’a questionné sur les adultes du village. Encore le silence. Il a pensé qu’il ne comprenait pas sa langue. Comment faire alors ?
« Mais où suis-je, enfin ? » a-t-il laissé échappé avec un ton de désespoir. A cet instant, le garçon a avancé. Il lui a fait signe de la main. Il voulait qu’il se penche pour lui murmurer quelque chose dans l’oreille. Il a obéit. « Monsieur, vous vous êtes trompé de sens. Les réponses se trouvent de l’autre coté de la route. » Aussitôt a-t-il terminé sa phrase qu'il est parti en courant pour rejoindre les autres enfants. Il avait disparu dans la foule.
Était-ce un indice ? Il n’en savait rien ; mais rester ici ne lui apporterait rien de nouveau. Il a reprit la route mais cette fois en rebroussant chemin. La pente lui paraissait rude à remonter mais il avançait quand même. Le revoilà seul sur cette route, accompagné de ses questions.

jeudi 13 décembre 2007

Rêve:

C’était tard la nuit. Je n’avais pas sommeil, comme d’habitude. Alors, je contemplais le plafond pour la millième fois, dans le noir. Quand soudain, j’ai entendu un soupir qui déchirait le silence. C’était profond et si chargé.

- Qu’est ce que tu as ?
- Rien, m’a-t-il répondu.

Je mes suis tu quelques secondes puis j’ai reposé ma question.

- Je n’en sais rien. Il a insisté.

Alors, je mes suis relevé pour le regarder dans les yeux. Ils étaient tristes. Il avait le regard égaré. J’ai senti remonter en moi cette tristesse mais je me suis retenu pour lui parler.

- Pourquoi n’essayes tu pas de me raconter ce qui se trame à l’intérieur de toi ? Qu’est ce qui te fait peur à ce point ?
-
- Ne trouves tu pas le courage pour me répondre ?...

Il m’a coupé la parole soudainement :

- Pourquoi parles-tu de courage ?

Je l’ai laissé réfléchir un moment puis j’ai repris :

- Et si tu casserais cette barrière qui nous sépare ? Crois tu vivre éternellement protéger dans ta bulle ? Crois tu que je n’arrive pas à voir ce qu’il y a dedans. Sache que j’arrive à percer cette coquille. Je vois ce malheureux petit garçon à l’intérieur. Il cherche de l’aide. Il est effrayé car il se croit égaré. Peut être qu’il a perdu l’âme entre tous ces gens qu’il n’arrive pas à comprendre. Peut être qu’il a perdu l’âme dans cette obscure immensité qui est la vie. Crois tu qu’il est seul à surmonter ses malheurs ? Alors à quoi servirait l’AMITIE ? Je tendrai la main vers lui pour le sortir de la prison qu’il s’est bâtie. Je lui tendrai toujours la main, du moins, tant que j’aurai la force de le faire. J’aimerais bien qu’il accepte cette main, qu’il la touche, qu’il la prenne, que ça lui sert de guide. Nous surmonterons nos calvaires ensemble. Qu’il sache que je suis son frère, son ami…
J’ai senti que les larmes lui montaient aux yeux, mais il les a empêcher de couler. J’ai pris sa tête dans ma main et je l’ai tiré vers mon épaule. Ce geste était brusque. Il s’est défendu un instant puis il s’est laissé faire.

- Je t’offre mon épaule pour pleurer dessus puisque les mots te font défaut.

J’ai senti ses larmes couler. Elles étaient bien chaudes pour ne pas dire bouillonnantes. Je ne voyais pas son visage mais je savais que tous ces maux lui montaient aux yeux pour se transformer en larmes. Toute sa peine déferlait depuis ses yeux. C’était un torrent d’amertume, de nostalgie et de mélancolie. J’avais un sourire qui se dessinait sur ma bouche quand soudain je me suis réveillé. J’étais seul dans ma chambre. Ce n’était pas mon épaule qui était mouillé, mais plutôt mes joues.

mardi 11 décembre 2007

Part 1:

Il s’est réveillé au beau milieu de nulle part. Il a ouvert ses yeux. Il a vu claire pour la première fois, mais ça n’a duré qu’un instant. Un bref instant pendant lequel il a cru tout comprendre. Il a cru détenir le secret. C’était déjà quoi ce secret. Il ne se rappelle plus de quoi ça s’agissait : le secret de son existence, de sa peine, de ses malheurs, de ces voix qui résonnaient depuis toujours dans sa tête ou bien le secret même de la création. Il ne se rappelait plus, tout est brouillé dans sa tête. Ses yeux lui faisaient atrocement mal. Il avait l’impression que sa tête allait exploser tellement elle était pleine de questions. Il avait l’impression qu’il allait renaitre après cette explosion, qu’il allait devenir un être nouveau, un être supérieur.

Mais, soudain, cet orage dans sa tête a commencé à s’estomper. Le calme reprenait ses droits. Il a essayé de se rappeler d’où il venait. Pourquoi se trouvait-il ici. Mais en vain ; le noir total régnait ses souvenirs. Alors pourquoi ressent-il ce fardeau qui lui coupait le souffle. Il haletait presque. Il a essayé de faire le vide dans sa tête. Il est resté quelques instants allongé. Le temps lui paraissait long. Combien de temps est-il resté. Il n’en sait rien. Surement quelques secondes… Soudain, il s’est rendu compte que le ciel qu’il contemplait était dépourvu de soleil. Non pas parce qu’il y avait des nuages qui le cachait mais il n’existait tout simplement pas. D’où venaient, alors, toute cette lumière et cette chaleur ?

Il avait l’impression que les questions allaient commencer à l’envahir de nouveau. Alors, il a essayé de se contrôler. Il arrivait à peine à se rappeler son nom. Mais à quoi lui servirait son nom au milieu d’un désert pareil. Il s’est décidé de se relever, mais c’était très pénible. Il avait l’impression que la gravité avait triplé. Son corps lui faisait très mal. Il n’arrivait pas à reconnaître ce corps, ces mains, ces pieds, cette peau… Tout était étrange pour lui. Il a regardé autours de lui pour pouvoir se situer mais rien ne lui paraissait familier. Le paysage qu’il contemplait lui déplaisait tant.