Cela faisait des heures qu’il arpentait ce chemin, toujours rien à l’horizon. Il trainait ses pieds en essayant de penser à ce qu’il venait de lui arriver. Mais ses idées étaient floues. Il essayait de se concentrer mais rien à faire, il ne comprenait rien. Sa patience commençait à montrer le bout mais comme il n’avait pas le choix, il a continué à marcher. Encore et encore sur cette drôle de route toute rectiligne, sous ce ciel sans soleil, avec ses innombrables questions.
Mais qu’est ce qu’il a commis comme faute pour se retrouver ici ? Etait-il en enfer ? Se retrouverait-il en fin du chemin parmi les diables dans un eternel feu ? Il a essayé de chasser ces idées de sa tête. Il a essayé de trouver des réponses rationnelles. Rien de logique ne lui venait à l’esprit. Rien qui mettrait une fin à toutes ces questions. Rien qui anticiperait ce qui va lui arriver.
Il avançait tout en étant absorbé par ses idées. Il n’a pas remarqué que la fin s’approchait. Il a atteint un ravin .Cette route donnait sur un ravin. Il s’est étonné : tout ce chemin pour finir ici ! Mais ça n’avait aucun sens. Puis s’est rappelé que toute son histoire n’avait pas de sens.
Devant lui, une mer infinie embrassait l’horizon. Une mer calme sans vague. Il a levé les yeux et il a vu des mouettes qui tournaient en rond. Les sons qu’elles produisaient lui paraissaient paisibles. Elles étaient libres. Elles volaient comme bon leur semblait, alors que lui devait supporter le poids de ce corps étranger. Une brise venait lui caresser le visage. Une étrange sensation lui montait tout le long du corps. Soudainement, il se sentait léger. C’était une drôle de sensation. Elle avait effacé toutes les questions de sa tête. Il se sentait de plus en plus léger. Il ne cherchait plus de réponses. Il vivait juste l’instant.
C’était tellement plaisant. Tout était clair dans sa tête. Il ne pouvait détacher le regard du paysage. Il se tenait très haut et il avait la sensation que tout ce qui se trouvait devant, lui appartenait, à lui et à lui seul. Une bouffée de chaleur envahissait son torse puis sa tête. Il avait compris pourquoi il a finit ici. Plus rien de ce qui était derrière ne l’intéressait plus. Il a avancé vers le bord. Là, Il s’est arrêté une dernière fois pour respirer cet air frais et pour sentir cette délicieuse brise. Puis, il a ouvert les bras et a sauté.
Sa descente lui paraissait interminable. Il continuait de descendre. Il se croyait voler alors qu’il tombait. Et puis plus rien. C’était le noir total.
Il a ouvert les yeux. Ils lui faisaient mal. La lumière lui semblait aveuglante, puis ses yeux se sont adaptés : Il se tenait dans un lit entouré d’appareils. Il a tout compris. C’était un lit d’hôpital. Et là, tout lui est revenu à l’esprit : son passé misérable, son boulot insignifiant, sa fuite du réel, son accident. Il venait surement de sortir d’un coma. Après avoir tout compris, il a laissé échapper : « Merde, je suis encore vivant ».
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