lundi 24 mars 2008

La porte

Et encore un réveil pénible. Un réveil accompagné de cette chanson qu’il a programmée pour lui donner le courage de sortir de son lit le matin. Cette chanson qu’il hait tant. Le matin qu’il méprise, accompagné du faux bonheur des gens qu’il doit affronter. Il éteint ce réveil en le maudissant. Même cette haine est devenue routinière. Tous les matins se ressemblent pour lui. Ils ne sont jamais accompagnateurs d’espoir.

Il sort de son lit, la tête lourde et l’esprit déchiré de quitter le bonheur du sommeil. Il doit combattre le temps pour arriver à l’heure à son travail pourri. Il s’est toujours promis de le quitter pour faire quelque chose de plus intéressant à ses yeux. Mais plus le tems passe et plus il oublie ses promesses. Il est comme enchainé à ce train de vie.

Soudain, il s’est arrêté devant cette porte. Il l’avait presque oubliée, cette porte. On lui a défendu de l’ouvrir. Et pour une raison ou une autre, il n’a jamais désobéit. Il ne sait même pas ce qu’elle cache.

Il regarde l’heure. Il est déjà en retard. Il doit se dépêcher sinon il aura encore droit à une leçon de moral venant de son supérieur. La morale… qu’st ce qu’il en sait, lui. A peine, qu’il a bu son café mi-froid, il sort en changeant de visage. Un visage souriant d’un homme célibataire qui a la trentaine et qui n’a probablement pas de soucis majeurs. Maintenant, il doit faire beaucoup d’effort pour plaire à ces gens qu’il méprise tant.

Huit heures de travail, un déjeuner volé à la hâte, un dîner sur le chemin de retour et le revoilà à son point de départ. La porte refranchie, il se débarrasse de ce visage souriant. C’était tellement lourd à porter. Il doit se préparer pour aller dormir.

Là, devant son miroir, il contemple son visage. Toujours ce regard vide. Toujours ces traits inexpressifs. Il se dépêche pour s’épargner ce calvaire. En passant devant la porte, il a semblé qu’elle l’avait appelé. Au fait, c’était ses questions qui le hantaient toujours. Aura-t-il le courage cette nuit ? Franchira-t-il le seuil de cette porte ? Il reste debout devant la porte quelques instants. Il se sent ridicule. Ce n’est qu’un geste à faire et il connaitra enfin la réponse.

Son poux s’accélère. La sueur l’envahit. Il tend la main vers la poignée. « Allez, courage. T’as peur de quoi ? Ne sois pas stupide, il n’y a rien à craindre. » Sa main tremble de plus en plus. Soudain, il se fige. Décidément, il n’est pas d’humeur aux surprises ni aux changements.

Il se dirige vers son lit, règle son réveil comme d’habitude e s’engouffre dans le sommeil. Demain, un nouveau jour plein de déjà-vu l’attend.

dimanche 24 février 2008

Comfortably Numb

Cela faisait cinq ans qu’il se trouvait dans cette prison. Les mêmes murs noircis, la même lumière tamisée, le même silence lourd, la même ambiance pesante et surtout la même odeur de la mort. Il a pris gout à cette prison. Elle est devenue son monde, son unique monde. Ses rêves et ses souvenirs se tenaient ici et là près de lui.

Il a passé des jours entiers à discuter avec son passé, parfois même, à voix hautes. Le discours finissait toujours sur un désaccord. Son passé voulait toujours justifier ses erreurs, il voulait toujours se blanchir les mains de ses crimes. Alors, il finissait toujours par tourner le dos à ce passé incorrigible.

Il a passé des nuits entières à discuter avec son futur. Il lui présentait les plans de ses rêves, il voulait construire avec lui les maquettes de son imagination. Mais ce futur finissait toujours par devenir hystérique. Il a tout démolit des centaines de fois, déchirant de ses mains ses merveilleux plans, piétinant de ses pieds ses modestes constructions, laissant en lambeaux ses espoirs et ses croyances.

Alors, il s’éloignait d’eux pour s’adosser au mur en jurant de ne plus leurs adresser parole. Mais c’était eux ou la mort qui le guettait depuis son coin. Il haïssait le fait de croiser son regard cruel : il sentait qu’à chaque fois son sang se figeait.

Il a cru chaque jour qu’il allait perdre la raison en cette compagnie malsaine. Mais son cerveau tenait bon pour allonger encore ses souffrances. En réalité, à la longue, il commençait à apprécier leur compagnie plutôt que cet étrange monde en dehors de sa cellule.

Soudain, sa cellule est envahie par la lumière. C’était un ami qui a ouvert la porte de sa chambre :

-Veux- tu sortir prendre un café?

-Non, merci. J'ai des trucs à faire.

La porte s’est refermée. Le revoilà prisonnier.

jeudi 14 février 2008

Part 3:

Cela faisait des heures qu’il arpentait ce chemin, toujours rien à l’horizon. Il trainait ses pieds en essayant de penser à ce qu’il venait de lui arriver. Mais ses idées étaient floues. Il essayait de se concentrer mais rien à faire, il ne comprenait rien. Sa patience commençait à montrer le bout mais comme il n’avait pas le choix, il a continué à marcher. Encore et encore sur cette drôle de route toute rectiligne, sous ce ciel sans soleil, avec ses innombrables questions.

Mais qu’est ce qu’il a commis comme faute pour se retrouver ici ? Etait-il en enfer ? Se retrouverait-il en fin du chemin parmi les diables dans un eternel feu ? Il a essayé de chasser ces idées de sa tête. Il a essayé de trouver des réponses rationnelles. Rien de logique ne lui venait à l’esprit. Rien qui mettrait une fin à toutes ces questions. Rien qui anticiperait ce qui va lui arriver.

Il avançait tout en étant absorbé par ses idées. Il n’a pas remarqué que la fin s’approchait. Il a atteint un ravin .Cette route donnait sur un ravin. Il s’est étonné : tout ce chemin pour finir ici ! Mais ça n’avait aucun sens. Puis s’est rappelé que toute son histoire n’avait pas de sens.

Devant lui, une mer infinie embrassait l’horizon. Une mer calme sans vague. Il a levé les yeux et il a vu des mouettes qui tournaient en rond. Les sons qu’elles produisaient lui paraissaient paisibles. Elles étaient libres. Elles volaient comme bon leur semblait, alors que lui devait supporter le poids de ce corps étranger. Une brise venait lui caresser le visage. Une étrange sensation lui montait tout le long du corps. Soudainement, il se sentait léger. C’était une drôle de sensation. Elle avait effacé toutes les questions de sa tête. Il se sentait de plus en plus léger. Il ne cherchait plus de réponses. Il vivait juste l’instant.

C’était tellement plaisant. Tout était clair dans sa tête. Il ne pouvait détacher le regard du paysage. Il se tenait très haut et il avait la sensation que tout ce qui se trouvait devant lui appartenait à lui et à lui seul. Une bouffée de chaleur envahissait son torse puis sa tête. Il avait compris pourquoi il a finit ici. Plus rien de ce qui était derrière ne lui l’intéressait plus. Il a avancé vers le bord. Là, Il s’est arrêté une dernière fois pour respirer cet air frais et pour sentir cette délicieuse brise. Puis, il a ouvert les bras et a sauté.

Sa descente lui paraissait interminable. Il continuait de descendre. Il se croyait voler alors qu’il tombait. Et puis plus rien. C’était le noir total.

Il a ouvert les yeux. Ils lui faisaient mal. La lumière lui semblait aveuglante, puis ses yeux se sont adaptés : Il se tenait dans un lit entouré d’appareils. Il a tout compris. C’était un lit d’hôpital. Et là, tout lui est revenu à l’esprit : son passé misérable, son boulot insignifiant, sa fuite du réel, son accident. Il venait surement de sortir d’un coma. Après avoir tout compris, il a laissé échapper : « Merde, je suis encore vivant ».

dimanche 23 décembre 2007

Part 2:

Il était au beau milieu de nulle part. Il a essayé de se localiser, mais ce paysage ne lui rappelait rien : une terre aride très vaste touchait le ciel à l’horizon. Il regardait vers toutes les directions rien que pour chercher un indice. En vain. Enfin, il a aperçut une route. Faute d’alternative, il s’est dirigé vers elle. En arrivant, il a constaté que cette route n’avait ni tête ni queue. Il ne savait pas quel sens prendre, mais il s’est rendu compte que ça n’avait aucune importance vu qu’il ne savait pas où ça l’emmènerait. Il a pris un sens au hasard et puis il a avancé. Il avait l’impression d’être un fantôme errant. Il croyait même qu’il flottait dans les airs. Il ne se sentait pas contrôler ses jambes.

Cette route était bizarre. Elle allait tout droit et elle n’avait pas l’air d’avoir une fin. En marchant, tant de questions lui traversaient l’esprit mais elles restaient sans réponses. La route prenait de plus en plus l’allure d’une pente. Il avançait toujours. A l’horizon, un village prenait forme. Il s’est mis à courir croyant qu’il allait, enfin, trouver des réponses dans ce village.

Des voies d’enfants lui parvenaient aux oreilles. Des cris, des rires, des mots qu’il n’arrivait pas à comprendre. Des voies d’enfants qui étaient entrain de jouer. Il s’est dirigé vers une foule d’enfants. Il leurs a demandé où est ce qu’étaient leurs parents. Personne n’avait répondu. C’était comme s’ils ne parvenaient pas à le voir. Il a hurlé pour se faire entendre dans ce brouhaha. Rien, aucune réaction. Les enfants continuaient leurs jeux sans se soucier de ce nouveau venu. Il est resté sur place pour les regarder. Ils avaient l’air paisible dans leurs jeux. C’était comme s’ils n’avaient personne qui les contrôlait, personne qui les rappelait qu’il était tard, qu’il fallait rentrer. Ils se dépensaient pour le jeu, et uniquement pour le jeu. Ils avaient l’air heureux.

Il est resté là un moment puis il s’est décidé d’aller inspecter les maisons qui l’entouraient. Il espérait trouver quelqu’un à qui il pourrait soustraire quelques réponses. Il s’est aperçut que toutes les maisons avaient les portes et les fenêtres ouvertes, ou plutôt, pas de portes ni de fenêtres. Comment pouvaient-ils vivre ici ? Il a inspecté quelques maisons mais elles étaient toutes vides. C’était étrange : pas d’adultes. Il a couru dans toutes les directions recherchant une seule personne qui pouvait l’entendre. Il a crié, hurlé, appelé à l’aide, mais personne n’a répondu. Le vacarme des enfants devenait assourdissant pour lui. Sa tête commençait à lui faire mal. Il a essayé de se boucher les oreilles mais ces voies arrivaient encore à lui transpercer les idées. Il ne pouvait plus se concentrer, il a commencé à suffoquer. Soudain, il a aperçut un enfant tout seul. Un petit garçon se tenait là devant lui. Son visage lui paraissait familier mais il n’arrivait pas à le reconnaître. Il s’est dirigé vers le petit. Le garçon le regardait droit dans les yeux comme s’il était entrain de surveiller ses gestes. Il se demandait pourquoi un petit garçon se tenait ici alors que les autres jouaient. Il a décidé de lui poser la question. Le garçon restait muet. Il l’a questionné sur les adultes du village. Encore le silence. Il a pensé qu’il ne comprenait pas sa langue. Comment faire alors ?

« Mais où suis-je, enfin ? » a-t-il laissé échappé avec un ton de désespoir. A cet instant, le garçon a avancé. Il lui a fait signe de la main. Il voulait qu’il se penche pour lui murmurer quelque chose dans l’oreille. Il a obéit. « Monsieur, vous vous êtes trompés de sens. Les réponses se trouvent de l’autre cotés de la route. » Aussitôt a-t-il terminé sa phrase, il est parti en courant pour rejoindre les autres enfants. Il avait disparu dans la foule.

Etait-ce un indice ? Il n’en savait rien ; mais rester ici ne lui apporterait rien de nouveau. Il a reprit la route mais cette fois en rebroussant chemin. La pente lui paraissait rude à remonter mais il avançait quand même. Le revoilà seul sur cette route, accompagné de ses questions.

jeudi 13 décembre 2007

Rêve:

C’était tard la nuit. Je n’avais pas sommeil, comme d’habitude. Alors, je contemplais le plafond pour la millième fois, dans le noir. Quand soudain, j’ai entendu un soupir qui déchirait le silence. C’était profond et si chargé.

- Qu’est ce que tu as ?
- Rien. M’a-t-il répondu.

Je mes suis tu quelques secondes puis j’ai reposé ma question.

- Je n’en sais rien. Il a insisté.

Alors, je mes suis relevé pour le regarder dans les yeux. Ils étaient tristes. Il avait le regard égaré. J’ai senti remonter en moi cette tristesse mais je me suis retenu pour lui parler.

- Pourquoi n’essayes tu pas de me raconter ce qui se trame à l’intérieur de toi ? Qu’est ce qui te fait peur à ce point ?
-
- Ne trouves tu pas le courage pour me répondre ?...

Il m’a coupé la parole soudainement :

- Pourquoi parles-tu de courage ?

Je l’ai laissé réfléchir un moment puis j’ai repris :

- Et si tu casserais cette barrière qui nous sépare ? Crois tu vivre éternellement protéger dans ta bulle ? Crois tu que je n’arrive pas à voir ce qu’il y a dedans. Sache que j’arrive à percer cette coquille. Je vois ce malheureux petit garçon à l’intérieur. Il cherche de l’aide. Il est effrayé car il se croit égaré. Peut être qu’il a perdu l’âme entre tout ces gens qu’il n’arrive pas à comprendre. Peut être qu’il a perdu l’âme dans cette obscure immensité qui est la vie. Crois tu qu’il est seul à surmonter ses malheurs ? Alors à quoi servirait l’AMITIE ? Je tendrai la main vers lui pour le sortir de la prison qu’il s’est bâtie. Je lui tendrai toujours la main, du moins, tant que j’aurai la force de le faire. J’aimerais bien qu’il accepte cette main, qu’il la touche, qu’il la prenne, que ça lui sert de guide. Nous surmonterons nos calvaires ensemble. Qu’il sache que je suis son frère, son ami…
J’ai senti que les larmes lui montaient aux yeux, mais il les a empêcher de couler. J’ai pris sa tête dans ma main e je l’ai tiré vers mon épaule. Ce geste était brusque. Il s’est défendu un instant puis il s’est laissé faire.

- Je t’offre mon épaule pour pleurer dessus puisque les mots te font défaut.

J’ai senti ses larmes couler. Elles étaient bien chaudes pour ne pas dire bouillonnantes. Je ne voyais pas son visage mais je savais que tous ces maux lui montaient aux yeux pour se transformer en larmes. Toute sa peine déferlait depuis ses yeux. C’était un torrent d’amertume, de nostalgie et de mélancolie. J’avais un sourire qui se dessinait sur ma bouche quand soudain je me suis réveillé. J’étais seul dans ma chambre. Ce n’était pas mon épaule qui était mouillé, mais plutôt mes joues.

mardi 11 décembre 2007

Part 1:

Il s’est réveillé au beau milieu de nulle part. Il a ouvert ses yeux. Il a vu claire pour la première fois, mais ça n’a duré qu’un instant. Un bref instant pendant lequel il a cru tout comprendre. Il a cru détenir le secret. C’était déjà quoi ce secret. Il ne se rappelle plus de quoi ça s’agissait : le secret de son existence, de sa peine, de ses malheurs, de ces voix qui résonnaient depuis toujours dans sa tête ou bien le secret même de la création. Il ne se rappelait plus, tout est brouillé dans sa tête. Ses yeux lui faisaient atrocement mal. Il avait l’impression que sa tête allait exploser tellement elle était pleine de questions. Il avait l’impression qu’il allait renaitre après cette explosion, qu’il allait devenir un être nouveau, un être supérieur.

Mais, soudain, cet orage dans sa tête a commencé à s’estomper. Le calme reprenait ses droits. Il a essayé de se rappeler d’où il venait. Pourquoi se trouvait-il ici. Mais en vain ; le noir total régnait ses souvenirs. Alors pourquoi ressent-il ce fardeau qui lui coupait le souffle. Il haletait presque. Il a essayé de faire le vide dans sa tête. Il est resté quelques instants allongé. Le temps lui paraissait long. Combien de temps est-il resté. Il n’en sait rien. Surement quelques secondes… Soudain, il s’est rendu compte que le ciel qu’il contemplait était dépourvu de soleil. Non pas parce qu’il y avait des nuages qui le cachait mais il n’existait tout simplement pas. D’où venaient, alors, toute cette lumière et cette chaleur ?

Il avait l’impression que les questions allaient commencer à l’envahir de nouveau. Alors, il a essayé de se contrôler. Il arrivait à peine à se rappeler son nom. Mais à quoi lui servirait son nom au milieu d’un désert pareil. Il s’est décidé de se relever, mais c’était très pénible. Il avait l’impression que la gravité avait triplé. Son corps lui faisait très mal. Il n’arrivait pas à reconnaître ce corps, ces mains, ces pieds, cette peau… Tout était étrange pour lui. Il a regardé autours de lui pour pouvoir se situer mais rien ne lui paraissait familier. Le paysage qu’il contemplait lui déplaisait tant.